«Elle est où la zone piétonne?»

L’histoire

Parfois ce sont les autres qui vous ouvrent le yeux. Des amis italiens sont venus nous rendre visite cet été. Comme ils ne connaissaient pas Neuchâtel, je leur ai proposé une visite de la ville. Après être passés au port, nous nous sommes dirigés vers le Quai Osterwald et L’Esplanade du Mont-Blanc. Ensuite, direction Place Pury puis la fontaine de la Justice. Je considère l’arrêt chocolat Walder, même quand il faut chaud, comme une nécessité.

Je pose alors la question «Qu’est-ce que voulez encore voir avant de monter au Château?»
Réponse des amis: «La zone piétonne.»
Moi, un peu surpris: «Mais nous y sommes!»

Observations et interrogations

Nous, Neuchâtelois, nous vantons notre jolie zone piétonne. Notre ville est encore jolie, mais plus piétonne. Transports publics, taxis et livreurs exceptionnels défilent sans interruption. Et c’est bruyant.

Nous entendons souvent des slogans politiques comme «l’être humain au centre de nos préoccupations», «créer du lien social». C’est très bien, mais comment fait-on concrètement pour y parvenir? Ce type d’objectif ne se décrète pas. Ne croyez-vous pas que le bien-vivre ensemble est surtout une affaire d’urbanisme? Nous ne nous comportons pas de la même manière sur une aire d’autoroute ou à la plage. Imaginez un instant ce que serait la zone piétonne sans le bip bip des bus? Ne pensez-vous pas qu’une ville vraiment piétonne est plus attractive, y compris pour les commerçants? À Marin Centre un enfant de 3 ans peut échapper à la vigilance de ses parents sans risquer sa vie.

2 schémas qui parlent

Voici la zone piétonne telle qu’elle est annoncée:

zone-pietonne-neuchatel-1

En rouge, les zones de grand trafic au sein de la zone piétonne:

zone-pietonne-neuchatel-2

Conclusion: près de 50% de la zone piétonne sont un couloir de trafic.

Un peu de politique

Il est réducteur d’imaginer que le problème de la zone piétonne est uniquement dû aux livraisons des commerçants. Une vraie zone piétonne doit également être libre de bus et de taxis. Oui, cela implique de repenser complètement les lignes de bus. Mais «créer du lien social», c’est créer des lieux où les citoyens peuvent se rencontrer sereinement et cela commence par y arrêter le trafic. Et cela ne doit être que la première étape du plan d’urbanisme enfin digne de ce nom.  Je ne vois pas pourquoi ce qui est possible et en cours de réalisation au Danemark et en Hollande – pour ne prendre que ces 2 exemples – est si compliqué à penser ici.

À consulter


Source du plan n°1: Sécurité urbaine de la ville de Neuchâtel

4 réflexions au sujet de « «Elle est où la zone piétonne?» »

  1. Joli texte.
    J’y vois le vieux serpent de mer de l’accès au lac, mais je note cependant que…
    …comparativement à Yverdon, nous sommes plus proche du lac;
    …à l’aune de la proportion de ZP utilisée par d’autres usagers moins piétons, la ville de Berne n’est pas mieux lotie: leur ZP est plus étendue, mais on y croise énormément de transports publics sur rail/roues
    …et quelle chance Neuchâtel a eue de ne pas subir le sort de La Neuveville, coupée du lac d’abord par la ligne ferroviaire du pied du Jura puis par la semi-autoroute! Quand on voit les projets envisagés avant l’option des tunnels…
    En gros, donc: tu as raison de soulever la question, mais ç’aurait pu être pire!

  2. Bonjour, vos réflexions sont intéressantes et partagées. Si jamais la circulation en zone piétonne à Neuchâtel vous intéresse, je vous invite à lire mon travail de mémoire sur le sujet, disponible sur le site de l’ATE, section Neuchâtel.
    Meilleures salutations,
    M.König

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