Pourquoi voter pour une startup?

Les vert’libéraux, enfin un parti à l’écoute des citoyens? Enfin des hommes et des femmes qui s’engagent pour la communauté, sans arrière pensée? Des gens honnêtes, plus honnêtes que les autres, les verts’libéraux? Sincèrement, j’espère que non.

Quand un nouveau parti se présente à une élection, il est de bon ton de se profiler comme le chevalier blanc, dénigrer l’affairisme et la moralité ambiante et prétendre incarner la vertu. C’est le degré zéro du programme politique, mais compte tenu de la réputation des politiciens – réputation imméritée, mais j’entends quotidiennement ces commentaires –, cela pourrait fonctionner. En ce qui me concerne, je voterais volontiers pour une femme snob, arriviste, cinq fois divorcée et légèrement alcoolique, pourvu qu’elle ait des idées et qu’elle fasse avancer les dossiers.

La nouveauté n’est pas non plus un programme politique. La nouveauté n’est pas un argument suffisant pour que vous votiez vert’libéral. La particularité des vert’libéraux est d’être une startup politique, dans sa philosophie et son organisation. Qu’est-ce que cela implique concrètement?

  1. Nous sommes nés des questions et des problèmes du XXIe siècle et avons vocation à y répondre.
  2. Notre programme politique n’est pas rigide, mais en tension entre nos deux valeurs constitutives, la liberté et la durabilité.

La liste comprend des ex-socialistes lassés de psalmodier le même catéchisme «nous devons défendre les acquis sociaux» et des ex-PLR qui se demandent quand ce parti arrêtera d’affirmer à propos de chaque projet ambitieux «cela menace nos emplois». Une caricature? Ecoutez-les.

Ces deux grands partis véhiculent leur histoire. Mais votez-vous aujourd’hui pour ce qu’ils ont fait, ou ce qu’ils vous proposent? De plus en plus de patrons de PME constatent que le «parti de l’économie» n’est plus en contact avec leur réalité. Un exemple? Beaucoup de politiciens se félicitent de l’existence du chômage partiel pour soulager momentanément les entreprises. Un entrepreneur de l’Arc jurassien récemment interrogé affirmait pourtant: «Je fais quoi moi avec des apprentis qui ont des formateurs à temps partiel? Et si je mets mon département RD à temps partiel, quelles sont mes chances de survie?».

Les verts’libéraux n’ont pas de passé et n’ont pas encore vraiment une image. C’est évidemment une faiblesse en période électorale car les Neuchâtelois ne savent pas a priori où les classer. Du temps sera nécessaire. Mais ce petit parti est lucide sur sa force politique, pragmatique dans sa méthode et en tension dans son programme.

Cette tension entre liberté et durabilité est constitutive de l’identité vert’libérale. Elle ne sera ni résolue, ni dépassée. L’écologie est traditionnellement l’apanage de la gauche, le libéralisme l’apanage de la droite, mais nous comprenons les deux comme compatibles au prix de certains efforts et d’équilibres à construire en permanence. Du temps sera nécessaire pour convaincre que ces deux valeurs peuvent se conjuguer. Mais nous avons du temps car nous sommes une startup.

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